Le processus d’apprentissage actif
Traditionnellement, dans le paysage des Arts Martiaux Japonais on peut observer que le processus d’apprentissage actif se compose de deux phases distinctes et complémentaires.
La première phase est visuelle.
Elle consiste, pour l’élève, à affuter son sens de l’observation. Il apprend à regarder puis à décrypter ce que le professeur démontre. De cette façon, le pratiquant se responsabilise et mets ses sens en éveil afin de pouvoir capter au maximum ce que l’enseignant présente.
La deuxième phase d’apprentissage se caractérise par la pratique.
Il s’agit de tenter de reproduire, avec le concours d’un partenaire, les deux faces de la technique observée. C’est l’élément de base qui permet de percevoir et d’expérimenter physiquement la technique. Il convient de préciser que théoriquement ces deux phases du processus d’apprentissage se situent dans le cadre d’une communication non verbale.
Le professeur, quant à lui, se charge de démontrer dans un premier temps l’exercice puis dans un second temps d’apporter les précisions qu’il juge nécessaires.
Durant chacune de ces deux phases d’apprentissage il peut éclairer les élèves verbalement, de manière individuelle, ou collective.
Michel Erb
Les Kihon
- En Aikido, un des rôles du Doshu est de nous présenter les bases … les Kihon.
- Les techniques de base demandent toujours à être améliorées car elles sont, par essence, perfectibles.
- L’idée est de répéter, sans relâche, ces fondamentaux. Ce travail est structurant autant pour Uke que pour Tori.
- Travailler les Kihon nous indique sur quoi il convient d’être centré et nous donne les outils, grâce auxquels, nous pouvons espérer progresser.
- Pour moi, la répétition des Kihon est comparable au travail sur la pierre brute qu’il convient de polir régulièrement afin de la rendre de plus en plus lisse.
Michel Erb
Les 3 stations de pratique
Parlons tout d’abord du Suwari Waza.
Outre son aspect historique et culturel, la pratique du Suwari Waza démontre les contraintes de la position à genoux.
Correctement utilisé, son travail de hanche, permet de mieux comprendre le fonctionnement de notre corps tout en renforçant la puissance des jambes.
Le Suwari Waza limite la possibilité de compenser un manque technique par la force. Il suggère au pratiquant de surveiller la verticalité du haut de son corps et lui donne l’occasion d’expérimenter un rapport taille / force autre que celui de la position debout.
Les limites de cette pratique résident, à mon avis, dans son dosage qui devrait être fonction des possibilités de chacun.
N’oublions pas que la pratique de l’Aikido n’a pas pour but de nous blesser mais au contraire de nous renforcer !
A noter qu’il existe probablement d’autres formes de travail pouvant permettre de développer les qualités recherchées durant la pratique du Suwari Waza.
Concernant la pratique du Hanmi Handachi Waza je pense que l’on peut noter d’une façon générale les mêmes remarques que pour le Suwari Waza.
Cependant il apparaît clairement que du fait qu’Uke soit debout, cette station impose à Tori des contraintes bien supérieures en terme de vision, de déplacements, de mise en déséquilibre, d’anticipation et de gestion des angles et des axes.
Enfin le Tachi Waza représente la station de pratique la plus couramment utilisée.
Les deux partenaires sont debout et peuvent expérimenter l’ensemble des combinaisons techniques possibles.
Je pense qu’afin de pouvoir accéder à toute la mesure de notre Art il convient de trouver un équilibre dans la pratique de ces 3 stations.
Michel Erb
L’unité de corps
L’unité de corps peut se traduire par un ensemble d’habiletés physiques structurantes pouvant permettre d’améliorer nos capacités physiques.
Il s’agit d’être capable d’unir l’ensemble du corps dans le mouvement afin de développer et d’optimiser, au maximum, la puissance nécessaire dans l’action.
Personnellement, j’insiste beaucoup sur la ligne de placement qui permet de maintenir une unité de corps et un centrage convenable.
Cette ligne de placement permet tout d’abord, de vérifier les connexions mains-pieds, coudes-genoux, épaules-hanches et le placement vertical de la tête sur le corps.
Puis, durant l’action, de prendre conscience de son centre et de ses limites.
Il convient cependant de rester vigilant car lorsque nous commençons à bouger, nous avons souvent tendance à perdre notre unité de corps !
Michel Erb